Le service public est le cœur de la société de demain !

Non, les employés publics ne sont pas des fainéants !

C’est un discours qu’on entend depuis tellement longtemps qu’on commencerait presque à s’habituer : les Français en général, et les fonctionnaires en particulier, seraient tous d’incorrigibles fainéants ! Pour trouver des extraits de ce refrain libéral, les sources ne manquent pas : il suffit d’ouvrir un journal, d’allumer la télé ou d’écouter la radio. Pas étonnant dès lors que certaines institutions se mettent à dérailler, quittant largement leurs prérogatives pour se mettre à l’unisson du discours ambiant.

Dernier exemple en date : le rapport de la Chambre régionale des comptes sur la gestion de la commune de Givors entre 2009 et 2014, paru il y a quelques semaines. Sous prétexte de fustiger une politique communale à leurs yeux évidemment trop coûteuse, la chambre en profite en effet pour asséner une formidable attaque contre les agents publics. Pour le plus grand plaisir des élus d’opposition et de la presse locale.

Temps de travail :

La CRC estime que les agents ne travaillent pas assez : selon elle, ils « doivent » entre 43h et 87h par an !

Le calcul est simple : au temps de travail annuel théorique de 1607 heures, ils déduisent les jours du maire (pourtant autorisés par le Conseil municipal[1]), les jours de fractionnement (pourtant prévus par la réglementation[2]), ainsi que les 44 heures de RTT !

Selon eux, les agents devraient donc renoncer à une partie des congés légaux, ainsi qu’à leurs RTT ! Pas étonnant dès lors qu’ils en tirent la conclusion que des dizaines de milliers d’heures ne sont pas travaillées chaque année.

Pour s’assurer que les agents sont bien au boulot, la chambre préconise rien moins que l’instauration de la pointeuse[3]. C’est bien connu : les fonctionnaires sont des tire-au-flanc, il faut les fliquer pour les mettre au boulot !

Coût du travail :

Non seulement ils ne travaillent pas assez, ces employés, mais en plus ils sont trop payés : après le couplet sur l’excès de congés, voilà ce bon vieux refrain sur le « coût du travail ».

Après s’être amusés à calculer le « coût horaire d’un agent » (en oubliant au passage de mesurer les bénéfices produits pour la collectivité), les magistrats financiers dénoncent « des charges de personnel trop élevées », qu’il faudrait dans l’idéal « réduire de façon significative ».

Ne pouvant proposer de charrette de licenciements, le rapport se contente d’appeler à « intensifier la maîtrise de la masse salariale ». En d’autres termes : stagnation des salaires, suppression des postes, pressurisation des employés… tout un programme !

Derrière le discours managérial, la chanson libérale

Alors que son rôle consiste à s’assurer que les dépenses publiques soient conformes à la législation, voilà que la chambre des comptes se comporte comme un cabinet de cost-killers officiant auprès d’une grande entreprise !

Loin d’épingler les employés municipaux comme on a pu l’entendre ici ou là, le rapport se contente de les clouer au pilori. Se basant sur une méthode de calcul peu rigoureuse, qui ne sert qu’à appuyer un discours gestionnaire, la CRC s’attaque en réalité au service public, dans le collimateur des gestionnaires libéraux depuis de nombreuses années.

Seule propriété de ceux qui n’ont rien, le service public est attaqué de toutes parts : les gouvernements privatisent tout ce qui peut l’être, et réduisent les financements pour le reste, et l’Union européenne impose la mise en concurrence (courrier, train, etc).

Face à ce raz-de-marée libéral, le seul rempart pour défendre les services publics locaux, ce sont les collectivités locales : si elles sont nombreuses à réduire, fermer ou privatiser, mais d’autres font le choix de les défendre et de les développer. Voyant que la réduction des budgets ne suffit pas à les faire plier, l’État leur met désormais la pression avec ces injonctions doctrinaires.

Face à ces accusations calomnieuses qui ont pour seul but de stigmatiser les employés publics, nous communistes, refusons de céder !

Parce que les enfants, les personnes âgées, les malades, les gens en général, ne sont pas des marchandises, les écoles, les maisons de retraites, les hôpitaux, les services publics en général, ne sont pas des entreprises

Le service public est le cœur de la société de demain
Le service public est l’avenir du monde

Les services publics, la Sécurité sociale, ne sont pas que l’héritage d’un passé encore récent. C’est le cœur de la société que nous voulons, d’une civilisation solidaire, et au lieu d’être dégradés par des politiques d’austérité, ils doivent être développés. C’est possible à condition d’affronter le pouvoir de la finance et de mobiliser l’argent disponible pour permettre l’augmentation générale du niveau de santé, d’éducation, de justice… l’accès effectif aux droits fondamentaux sur tout le territoire.

Les communistes proposent un service public du 21e siècle !

  1. Remise en cause de l’austérité budgétaire pour un nouveau développement des services publics.
  2. Renforcer le maillage des services publics.
  3. Plans d’investissement pour assurer l’ensemble de leurs missions.


[1] Délibération du conseil municipal fixant la durée de travail des employés municipaux, 20/12/2001.

[2] Décret n°85-1250 du 26 novembre 1985 relatif aux congés annuels des fonctionnaires territoriaux, article 1.

[3] « La chambre renouvelle ses recommandations quant à la mise en place d’un système automatisé d’enregistrement du temps de travail qui permettrait de s’assurer du strict respect des textes en matière de temps de travail »

By | 2018-02-01T11:19:10+00:00 16/01/2018|