Pour la sauvegarde de la psychiatrie !

L’évolution actuelle de la psychiatrie est scandaleusement dangereuse pour les populations bénéficiaires comme pour le personnel.

La loi du 5 juillet 2011 mis en place par Nicolas Sarkozy est une loi liberticide et essentiellement sécuritaire.

L’un de ses objectifs prétendus était d’améliorer la qualité et la continuité des soins. Or, pas un seul de ses articles ne l’évoque en dehors des soins sous contrainte. Cette loi ne fait qu’organiser des modalités de contrôle social sur un mode sécuritaire faisant passer les schizophrènes pour de dangereux criminels. D’où l’émergence et l’usage de plus en plus banalisé de structures sécuritaires : chambres d’isolement, UMD, UHSA etc.

La psychiatrie manque de personnel pour désamorcer les violences qui correspondent à des crises d’angoisse des patients.

C’est le temps humain qui fait défaut !

Or toutes les lois de santé successives ont abouti à une diminution drastique du personnel soignant auprès des patients, à la fermeture de lits d’hospitalisation, à l’éloignement des structures de soins. Ces choix conduisent à privilégier les méthodes de contention, d’enfermement dans une perspective de plus en plus hospitalocentrée.

Les lois Bachelot et Touraine, les GHT sont venus alourdir cette situation qui visent à démanteler la politique de secteur psychiatrique.

Nous assistons à la plus grave attaque contre le système de santé depuis la création de la sécurité sociale. Le programme du Conseil National de la Résistance avait pour objectif de faire passer l’hôpital des indigents à l’hôpital de qualité et de proximité pour tous. La loi santé vise à démanteler tout ce qui a été construit depuis. Cela se fait, notamment, à travers les Groupements Hospitaliers de Territoire (les GHT) qui doivent regrouper dans un même établissement médecine, chirurgie, obstétriques (MCO) et psychiatrie pour une population de 200 000 habitants.

Le secteur psychiatrique est détruit et sa philosophie même est remise en cause. Il visait à garantir à chaque citoyen, où qu’il habite, de pouvoir disposer d’une équipe pluridisciplinaire qui lui assure la proximité et la continuité des soins préventifs, de cure et de poste cure. C’est la vocation des centres médico-psychologique (CMP) dont la fermeture en grand nombre s’effectue.

Il est possible de faire autrement pour une psychiatrie humaniste, les communistes proposent :

  • L’abrogation de loi Touraine et Bachelot afin de redonner un pouvoir de décisions aux représentants du personnel et du corps médicales dans les instances de l’hôpital
  • L’arrêt immédiat la fermeture des CMP programmées et la relance de la politique de secteur avec un personnel suffisant ;
  • L’abrogation la loi du 5 juillet 2011 et la fin du tout sécuritaire ;
  • De négocier une nouvelle loi de santé avec l’ensemble des partenaires professionnels, associations et citoyens ;
  • De ne pas dissoudre l’identité des hôpitaux psychiatriques dans les regroupements des GHT ;
  • De mettre en place les moyens financiers et humains nécessaires à une psychiatrie humaniste.

Venez en débattre avec les députés communistes

LUNDI 12 février à 20H00 – Bourse du Travail, Lyon

By | 2018-02-10T14:53:37+00:00 02/02/2018|