Si la joute m’était contée

Givors a accueilli les 27 et 28 août derniers, les finales du championnat de joutes. Un sport nautique très pratiqué en vallée du Rhône, et qui donne lieu chaque année en période estivale à des confrontations amicales.

Un sport qui remonte à la nuit des temps

  • En Rome antique, sous Jules César, des joutes nautiques ou combats étaient livrés dans les arènes conçues pour être mises en eau.
  • En France: un document de l’époque post-latine fait état d’un tournoi de joute à Lyon le 2 juin 1177, lors de la commémoration du millénaire des martyrs chrétiens de Lyon et de Vienne.
  • Entre Rhône et Saône: des archives font état de spectacles donnés en présence de dignitaires. Le 13 avril 1507, les pêcheurs de Saint-Vincent joutèrent sur la Saône à Saint-Jean devant la reine Anne de Bretagne. En 1536, un spectacle fut donné par les mariniers de la Loire (Saint-Just-Saint-Rambert) à l’occasion de la venue de François I.

Henri II et Catherine de Médicis en 1548 assisteront à un spectacle de joutes. Au XVIIIe siècle, le tournoi de joutes donné à Lyon sur la Saône à hauteur de l’île Barbe réunira des milliers de personnes.
En Rhône-Alpes, les premières sociétés de joutes datent du XIXe siècle. Celle de Givors sera créée en 1886. Leur vocation première était de participer au sauvetage des populations lors d’importantes crues du Rhône et la Saône.
C’est en 1996 que naîtra la Fédération française de joutes et sauvetage nautique.

Méthode givordine et méthode lyonnaise

La différence entre la méthode lyonnaise et la givordine tient essentiellement au côté de croisement des bateaux. Les jouteurs, lances en main, se tiennent sur le tabagnon (plateforme à l’arrière des bateaux). Et suivant la méthode, ils vont se croiser à gauche en lyonnaise, et à droite en givordine. Le jeu consistant à faire tomber à l’eau son adversaire.

Des lances fabriquées dans la tradition

À Givors comme à Loire-sur-Rhône, les clubs de joutes fabriquent leurs lances dans la plus pure tradition. Un savoir faire que certains initiés tiennent des anciens.

Les deux clubs se fournissent en bois en Haute-Loire. Givors a choisi le pin. Un bois qui comme le sapin est souple et résistant à la fois. Les sapins plantés plein nord, sera préféré car plus résistant. Après la phase d’écorçage, les troncs sont dégrossis et mis à nu, puis séchés debout. Une étape qui dure au minimum 1 à 3 mois et qui permet à la sève de s’écouter pour que le bois soit bien sec. La lance est ensuite façonnée. Le tronc est scié afin d’obtenir la longueur voulue qui varie selon les différentes catégories de jouteurs de 14 à 18 pieds (soit 4.66mètres à 6 mètres). La lance est ensuite rabotée à la main, puis la poignée sculptée et poncée. Le fer de lance est ensuite fixé. Un crampon édenté qui est destiné à s’accrocher dans le plastron de l’adversaire.

Et enfin pour terminer la peinture. Chaque lance sera peinte suivant un code couleur correspondant à la catégorie des jouteurs. La dernière étape se déroule quelques jours avant la compétition. Durant une semaine complète, puis les deux jours précédant le tournoi, les lances sont mises à l’eau . Pour qu’elles résistent mieux lors des passes.

By | 2017-11-15T14:03:03+00:00 29/09/2016|