Une nouvelle maire pour Givors

Lundi 25 septembre au cours d’un conseil municipal extraordinaire, Christiane Charnay a été élue Maire de Givors à une large majorité. Elle succède ainsi à Martial Passi, qui a décidé de quitter ses fonctions après avoir dirigé la ville pendant près de 25 ans (1).

Ils étaient nombreux ce lundi à venir assister à la passation de pouvoir entre Martial Passi et la personne qui serait appelée à lui succéder. Le public givordin bien sûr, qui a tenu à participer à ce moment qui les touche au premier chef, mais aussi de nombreux camarades de la fédération du Rhône (Vénissieux, Grigny, Oullins, Lyon, etc.) qui par leur présence ont tenu à témoigner leur soutien aux élus communistes de Givors.

« Nous pouvons être fiers : dans le Rhône, les deux maires communistes sont deux femmes. Pour nous, l’engagement féministe, c’est du concret ! » a déclaré Raphaël Debû, secrétaire fédéral du Rhône, présent pour l’occasion. Au cours d’un discours fortement apprécié, Christiane Charnay a rappelé les valeurs qui guideront son action :

« Je souhaiterais également remercier l’ensemble des élus de la majorité municipale qui me font confiance et qui me font l’honneur d’être aujourd’hui la première femme maire de Givors.

Ce fait est loin d’être anecdotique quand on sait les multiples régressions auxquelles la condition féminine doit faire face à l’heure actuelle. Des discours qu’on croyait appartenir à un autre âge font régulièrement surface, portés par les courants les plus extrêmes.

Face à cela, il y a une urgente nécessité à réaffirmer la place des femmes dans notre société et leur capacité, au même titre que les hommes, à agir et prendre des décisions.

Le combat féministe que je porte, et que j’entends continuer de porter, prend sa source dans le refus de voir et d’accepter toutes formes de discriminations quelles qu’elles soient.

Ces mêmes discriminations, alimentées par les théories les plus abjectes, n’ont pas leur place dans notre pays et fragilisent les valeurs républicaines et les valeurs de fraternité et d’égalité. (…)

Nous avons fait des choix politiques que nous assumons : celui de ne fermer aucun service public lorsque, pourtant, la baisse des dotations aux collectivités a été appliquée, celui de contenir nos dépenses de fonctionnement quand, ailleurs, bon nombre de collectivités réduisaient drastiquement leurs services et la qualité de l’offre proposée.

Ces choix politiques vont évidemment à l’encontre d’une pensée dominante qui se veut pourtant être une idéologie destructrice.

Suppression de l’échelon communal, réduction de la dépense publique, baisse des dotations aux collectivités, privatisation rampante, voilà les solutions qui seraient, soi-disant, à mettre en œuvre pour retrouver croissance et compétitivité.

Mais quel intérêt si cette politique se fait au détriment des populations et du service rendu ?

Quel intérêt si cette politique contribue à agrandir le fossé déjà existant entre une minorité détentrice des savoirs, des pouvoirs et des richesses et une majorité à qui il ne reste plus rien ?

Quel intérêt si cette politique aggrave la crise démocratique en éloignant les populations des centres de décision ?

En réalité, il nous faut savoir trouver les justes équilibres entre cohésion sociale, protection de l’environnement et dynamisme économique, en garantissant liberté, égalité, fraternité et solidarité. »

Dans le Rhône, les deux maires communistes sont deux femmes !

Il faut dire que la ville est forte d’une longue tradition progressiste, puisqu’elle s’est dotée d’une direction communiste depuis 1953, avec l’élection de Camille Vallin, ancien résistant, auquel a succédé Martial Passi en 1993. Dans une période où les effets de la mondialisation ont commencé à frapper durement au cœur des territoires, porter les valeurs communistes est un combat de chaque instant, comme l’a rappelé Martial Passi dans son discours :

 

 

« Dans ces conditions, être élu a Givors, c’est lutter constamment contre un système économique qui broie les êtres humains et qui génère de terribles inégalités. (…) Depuis longtemps déjà, les municipalités successives luttent contre ces situations afin de permettre à la population givordine de bénéficier des services qu’elle ne pourrait pas se financer sans la solidarité communale.

Certains nous le reprochent, en disant que cela créé trop d’emplois de fonctionnaires ; et pourtant, n’est-il pas nécessaire et indispensable d’accompagner et d’aider quotidiennement la population ?

Certains nous reprochent également une politique sociale qu’ils jugent trop généreuse ; et pourtant, n’est-il pas naturel de permettre à chaque famille d’accéder aux joies du ski dans notre chalet de Saint –Pierre de Chartreuse ou d’aider financièrement un enfant à entrer au conservatoire ?

D’autres encore, nous reprochent le versement des subventions et les aides multiples aux clubs et associations ; et pourtant, n’est-il pas évident que l’action sportive, associative et culturelle est un levier essentiel pour combattre l’individualisme et toutes les formes de repli sur soi ?

Oui, la piscine, la médiathèque, le chalet de St Pierre, les activités périscolaires et de très nombreux autres services sont largement déficitaires et c’est le budget communal qui chaque année doit les renflouer afin qu’ils puissent continuer leurs missions au service des givordins.

Être l’une des très rares communes à avoir des tableaux interactifs dans toutes les classes de primaire, financer la moitié des licences pour les jeunes sportifs, favoriser l’accès a la culture mais aussi au ski et aux vacances d’été, pratiquer la gratuité complète pour les clubs et les associations, ce n’est ni superflu, ni une anomalie, c’est tout simplement gérer pour ne laisser personne sur le bas-côté de la route. (…)

Malgré ces lourdes contraintes et alors que tant de collectivités sont en asphyxie financière, il faut souligner qu’a Givors, depuis 20 ans nous avons réussi à éradiquer la dette qui n’est plus que de 3 euros alors qu’elle s’élevait à 1 600 € par habitant en 1996.

Souligner également que depuis 2004, nous avons fait baisser de 12,4%, la part communale des impôts locaux. Des résultats, qui selon les rapports des services financiers de l’état, placent Givors comme l’une des villes les mieux gérées. »

Tous nos vœux de réussite l’accompagnent.

 

(1) Poursuivi en justice, Martial Passi conteste les faits qui lui sont reprochés ; l’affaire est actuellement examinée en appel.

By | 2017-11-15T11:23:18+01:00 27/09/2017|