Users suspects … as usual !

Un tapissage, voilà comment le Sytral a décidé d’illustrer sa nouvelle campagne de communication. Le message est clair : l’usager est un suspect !

C’est tout-à-fait dans l’air du temps : état d’urgence, surveillance généralisée, vision punitive de l’action politique. La frénésie sécuritaire, entretenue à longueur d’antenne par le délire collectif des tenants du discours dominant (des gouvernants aux éditorialistes, en passant par la longue liste des pseudo-experts), trouve ici un relai inattendu, sur un thème apparemment anodin : la fraude dans les transports en commun.

Est-ce bien là le problème ?

Le Sytral qui gère les transports lyonnais ferait mieux de s’attaquer aux véritables problèmes : les transports sont surchargés ! Le réseau ne parvient pas à faire face à l’affluence des usagers : pas assez de rames (métro, tram), pas assez de fréquence sur certaines lignes…

Au final, les passagers sont souvent contraints de s’entasser au détriment des conditions de confort et de sécurité ou, pour les moins téméraires, d’attendre le prochain en espérant pouvoir y trouver une place, sinon ce sera le suivant…

Pour les agents, ce n’est guère mieux : chaque opération d’embarquement s’accompagne d’un stress supplémentaire, la fermeture des portes prend du temps, la ligne prend du retard, les passagers s’accumulent, et c’est un cercle vicieux qui n’en finit pas.

Les solutions existent : il faut augmenter la capacité des lignes. Cela passe par l’ajout de rames dans les trams et les métros, par l’ajout de véhicules pour les lignes de trolley et de bus, et cela doit s’accompagner par une augmentation du nombre d’agents. En tout cas, ça ne se fera pas en faisant peser les soupçons de fraude sur l’ensemble des usagers. D’ailleurs si les transports étaient gratuits, il n’y aurait pas de fraude !

Délit de solidarité

Il y a pire encore : au détour de cette campagne odieuse, on apprend que le Sytral a créé un délit de solidarité : le fait de donner son ticket à quelqu’un, ou même simplement de le laisser à la sortie du métro peut valoir 150€ d’amende. Une honte ! Dans un discours moralisateur, le Sytral menace :

« Céder votre titre de transport n’est pas un acte de solidarité ou de générosité. Ça s’appelle de la complicité de fraude et ça se paye… »

 

Comment un service public ose-t-il s’adresser ainsi aux usagers ? C’est une belle image du monde d’aujourd’hui : les directions des services publics se mettent à l’unisson de notre président et de ses ministres : « vous êtes coupables, et vous allez payer ! Et ne cherchez pas à vous entraider, sinon gare à vous ! »

Non à la criminalisation des usagers, oui à la gratuité

Cette vision policière et répressive du monde en général et des services publics en particulier, n’est pas la nôtre. Depuis de nombreuses années, le Parti communiste français se bat pour des transports publics gratuits. Nous rejetons cette attitude qui consiste à désigner les usagers et les agents comme responsables de tous les maux. Les services publics sont le bien commun, ils nous appartiennent, et c’est pourquoi ils doivent être gratuits pour tout le monde !

La Fédération du Rhône du PCF dénonce une campagne ignoble qui ne fait pas honneur au service public, et apporte tout son soutien à la campagne menée conjointement par le MJCF et l’UEC : #freeTCL !

#FreeTCL
By | 2017-10-23T10:55:25+00:00 23/10/2017|